Les Contes pour surmonter les peurs des enfants
Découvrez comment les contes aident les enfants à apprivoiser leurs peurs : peur du noir, de l’abandon, des monstres. Méthode douce et efficace.
Votre enfant a peur du noir ? Des monstres sous le lit ? De la séparation ? Vous n’êtes pas seul. Les peurs enfantines sont universelles et… complètement normales. Et si je vous disais que les contes sont l’un des meilleurs outils pour aider votre enfant à les apprivoiser ?
Pourquoi les enfants ont-ils peur ?
Entre 3 et 7 ans, l’imagination des enfants est en pleine expansion. Leur cerveau ne fait pas encore complètement la différence entre le réel et l’imaginaire. Un bruit dans le couloir peut devenir un monstre, une ombre peut sembler menaçante.
Ces peurs sont en réalité des étapes normales du développement. Elles montrent que l’enfant commence à comprendre qu’il existe des dangers, qu’il est vulnérable. C’est un signe d’intelligence émotionnelle émergente.
Le pouvoir thérapeutique des contes
Les contes offrent un espace sécurisé pour explorer les peurs. Comment ?
1. La distance symbolique : L’enfant n’est pas directement confronté à sa peur. C’est le personnage de l’histoire qui vit la situation effrayante. Cette distance permet d’aborder le sujet sans être submergé.
2. Le héros comme modèle : En voyant le personnage surmonter ses peurs, l’enfant comprend que c’est possible. Il s’identifie au héros et « emprunte » son courage.
3. La fin rassurante : Contrairement à la réalité souvent imprévisible, le conte offre une structure : le problème est résolu, le héros triomphe. Cette prévisibilité apaise.
4. Le langage métaphorique : Les monstres, sorcières et forêts sombres représentent les peurs intérieures. L’enfant comprend intuitivement ces symboles.


Quelques contes pour des peurs spécifiques
Peur du noir :
• « Max et les Maximonstres » de Maurice Sendak : Max transforme sa peur en aventure
• « Boucle d’Or » : explorer l’inconnu et en revenir en sécurité
Peur de l’abandon :
• « Le Petit Poucet » : des enfants perdus qui retrouvent leur chemin
• « Hansel et Gretel » : la séparation suivie des retrouvailles
Peur de la différence ou du rejet :
• « Le Vilain Petit Canard » : la transformation et l’acceptation de soi
• « Rudolph le Renne au Nez Rouge » : la différence devient une force
Peur de l’échec :
• « Les Trois Petits Cochons » : persévérer malgré les obstacles
• « La Petite Poule Rousse » : l’effort récompensé
Comment utiliser les contes face aux peurs ?
Choisissez le bon moment : Pas juste avant le coucher si votre enfant est très sensible. Privilégiez l’après-midi pour les contes plus intenses.
Laissez l’enfant réagir : S’il a peur pendant l’histoire, arrêtez, rassurez-le. Rappelez-lui que c’est une histoire, pas la réalité.
Discutez après la lecture : « Et toi, tu aurais fait quoi ? » « Comment le héros s’est-il senti ? » Ces questions aident l’enfant à traiter ses émotions.
Relisez si nécessaire : La répétition est apaisante. Connaître l’histoire par cœur redonne du contrôle à l’enfant.
Adaptez le conte : N’hésitez pas à modifier les passages trop effrayants. Vous êtes le médiateur entre l’histoire et votre enfant.

Quand consulter un professionnel ?
Si les peurs deviennent envahissantes, persistent au-delà de 8 ans, ou empêchent l’enfant de vivre normalement, une consultation avec un psychologue peut être utile. Les contes restent un outil complémentaire précieux.
Les contes ne sont pas de simples divertissements. Ce sont des outils thérapeutiques millénaires qui aident les enfants à donner du sens à leurs peurs, à les apprivoiser et à développer leur résilience. En choisissant les bonnes histoires et en accompagnant votre enfant avec bienveillance, vous l’aidez à grandir sereinement.